Explosion Beyrouth

Suite à l’explosion survenu le mois dernier à Beyrouth de très nombreuses vidéos ont été publiées sur les réseaux sociaux. Au delà du drame humain et humanitaire de cette catastrophe, celle-ci a retenue mon attention en tant que formateur INERIS ISM ATEX N3. Cette vidéo montre au ralenti les différentes étapes de l’explosion ce qui du point de vue pédagogique est très intéressant. Elle montre aussi toute la phase avant l’explosion finale ce qui permet de comprendre comment le stock de Nitrate d’Ammonium a pu jouer un rôle dans l’explosion.

 

Cette vidéo est aussi très instructive en ce qui concerne les conséquences d’une explosion ATEX sur un site industriel. Elle permet de voir l’effet de l’explosion sur les infrastructures aux alentours. Cela devrait peut-être faire réfléchir certains citoyens et certains élus lors de la construction d’habitation dans des périmètres classés comme à risque par les industriels. Autrefois situées dans des zones non habitées de nombreuses installations industrielles sont maintenant enclavées en plein cœur des zones urbaines.

Enfin elle permet de voir qu’il n’y a pas deux mais toute une série d’explosions : 9 au moins. La bâtiment contenant le nitrate d’ammonium n’est pas directement concerné par les premières explosions. Ce n’est pas une surprise mais une simple précision. Le nitrate d’ammonium n’est pas un produit combustible il n’est donc pas explosible. C’est par contre un comburant dangereux par son oxydation. Il ne peut donc pas être à l’origine de l’explosion mais peut transformer une explosion primaire dont les conséquences sont limitées en explosion aux conséquences énormes pour la société dans son ensemble.

Sur les sites industriels le risque d’explosion en série est bien souvent sous-évalué ou ne prend pas en compte les risques aux alentours des sites mettant en œuvre des produits explosibles. Dans les infrastructures portuaires ce problème est encore amplifié par la rotation des marchandises parfois incompatibles les unes avec les autres. Il semble difficile pour les exploitants de prévenir le risque au-delà de leurs murs. Il serait donc nécessaire qu’il soit pris en compte par les pouvoirs publics.

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